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Cellulite

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Un peu d'histoire: la cellulite n'existait pas avant 1920

Avant les années 1920, figurez-vous que la cellulite, on s'en tamponnait littéralement le coquillard. D'ailleurs, étymologiquement, le mot veut littéralement dire "inflammation des cellules" (un peu comme dans appendicite). Vous pouvez même avoir une cellulite dentaire. Jusqu'en 1923, le mot cellulite recouvre tout un tas de pathologies de la peau, dont (mais ça n'est pas une maladie) ce que l'on appelle aujourd'hui communément la peau d'orange. Ce n'est qu'en 1923 et 1924 que sortent un rapport et un ouvrage qui lui sont consacrés.
C'est la chercheuse italienne Rosella Ghigi qui en a retracé l'histoire et "l'entrée dans l'imaginaire collectif" dans un papier passionnant. Elle explique : "En définissant le corps humain malade, la médecine contribue à la définition du corps humain "normale"". Les médecins d'alors décrivent ce qu'ils voient. La cellulite fait mal, mais seulement sous la pression. Ils créent alors la "maladie" cellulite par leurs observations. Selon eux, le corps "normal" ne doit pas avoir de cellulite.
Ils vont décrire la cellulite comme étant un amas de déchets concernant seulement le corps des femmes. Ainsi, Rosella Ghigi note la naissance précise de la cellulite aux années 1920. Il faut trouver des solutions extérieures à ce problème alors que le corps des femmes accumule des soi-disant déchets et subit une "intoxication". Chaque médecin y va de son commentaire.
Le surpoids, "symbole de vie moderne"
Pour raconter l'histoire de la cellulite, la chercheuse prend l'exemple de deux magazines féminins qui, dans les années 1930, vont la diaboliser et faire apparaître ce terme au fil des pages : Votre Beauté et Marie-Claire.
Au cours de cette période, le surpoids et l'obésité deviennent des "symboles de vie moderne" et des obsessions, "la graisse devint du coup moche et mauvaise" sous l'impulsion des médecins et des couturiers. Les articles sur la lutte contre le gras et les bourrelets se multiplient. Le corps doit être "malléable" et celle qui ne s'y plie pas est une faignante. Qui deviennent alors les principaux ennemis de la minceur et de la beauté ? La vie sédentaire et le travail de bureau des femmes.
Après avoir été intégrée à des articles sur le surpoids, la cellulite va développer une vie autonome. Des femmes affolées par cette nouvelle maladie "à la mode" vont envoyer des lettres pour poser des questions. C'est là que commence l'effet boule de neige. Ces magazines abondent dans le même sens : un corps de femme qui tend vers la modernité (elle travaille) serait porteur de toxicité.
Des cabinets et des charlatans vont commencer à proposer aux femmes des traitement soi-disant anti-cellulite. Et voilà donc que les techniques contre cette chose dont les femmes n'avaient aucune idée quelques années auparavant devient un commerce. Selon la chercheuse, c'est probablement sous la pression de ces cabinets médicaux que Votre beauté va publier des articles sur le sujet.